Blague belge

30 11 2008

Le Fils du commissaire

A voir James Deano débouler sur les ondes avec un titre pour le moins léger (Les blancs ne savent pas danser), on aurait pu croire à un nouvel avatar du rap-bouffon, en somme un suiveur de Kamini, ou de Fatal Bazooka. Une écoute plus attentive du Fils du commissaire permet de confirmer que la première impression est souvent la bonne.

Un premier constat force à conclure que cet escogriffe paré d’un survêtement au charme suranné sait rapper et qu’il serait en droit de donner des leçons de mcing à bon nombre de nos rappeurs nationaux. Pourtant, si son flow élastique pourrait lui autoriser toutes les audaces, le belge donne l’impression de ne pas bien savoir quoi faire de sa scansion dégingandée. Alors, comme un élève surdoué, il fait le pitre et travestit sans cesse sa voix jusqu’uà donner par moments la désagréable impression d’imiter Guy Bedos. Et encore, ce flow caoutchouc n’est même pas mis à profit pour porter des textes amusants : chacun des morceaux répète platement des thèmes dépourvus du moindre intérêt (le célibat, le terrorisme etc.). Le duo formé avec Diam’s, dont on serait bien en peine de dire de quoi il traite, atteint un sommet de vacuité : « entre le bien et le mal, on suit le destin ; entre le bien et le mal, on le prend comme il vient, sans exception ».

Au total, l’album ultra calibré pour le marché français donne l’impression de brider l’inventivité de James Deano qu’on parvient à deviner par moments derrière les clowneries. On n’échappe pas à l’inévitable refrain sirupeux, ni au décalque de Pas le temps, le chef d’œuvre éternel de Faf Larage. Pour ne pas trop dépayser le public français, James Deano prend même la peine de citer l’intégralité du programme télé hexagonal dans un morceau complètement balourd. Les références à la culture française -voire franchouillarde- se multiplient tout au long d’un album dont on aurait aimé qu’il découvre la vraie nature de James Deano. Le Fils du commissaire, fanfreluche markettée, est donc inintéressant et d’autant plus frustrant qu’il laisse percevoir derrière l’écran de frivolité les qualités de James Deano.

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