Syllogismes de l’amertume

30 11 2008

Extrait d'amertume

Flynt et Sidi-O ont sorti leurs premiers albums respectifs au même moment, en mars-avril 2007. Tandis que J’éclaire ma ville connaissait un joli succès d’estime et des chiffres de ventes relativement honorables pour une sortie indé, la sortie d’ Extrait d’amertume se faisait presque dans la confidentialité.
Pourtant, le MC nous livre un opus rafraîchissant qui se distingue de son compère du XVIIIème par une texture un peu moins proprette revendiquée par celui qui se présente comme l’ambassadeur du « Paris sale ». Sa qualité repose en grande partie sur l’alliance d’un son façonné à l’ancienne et une qualité d’écriture qui procure quelques moments de grâce. Comme Cioran qui a également consacré un ouvrage à l’amertume, Sidi-O taille ses punchlines avec soin : « Je voulais toucher les étoiles, j’ai retrouvé mes rêves mort-nés à la mission locale » (Aux quatre coins du monde).
Anciennement rattaché à la mouvance Néochrome, Sidi-O fait partie d’une catégorie de MCs qui a tourné dans le rap game depuis un certain nombre d’ années en signant de nombreuses apparitions avant de se lancer dans le grand bain. La question consistait donc à se demander si un MC capable de distiller les couplets sur des projets éparpillés avait les épaules pour tenir un album a lui tout seul. Force est de reconnaître que le pari est ici tenu avec succès, même si l’ensemble s’appuie en partie sur le renfort de nombreux invités.
Le tout concentre quelques défauts qu’il serait vain d’énumérer car les imperfections d’un album brut de décoffrage contribuent aussi à séduire l’oreille de l’auditeur.

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