Sept & Lartizan, Le Jeu du pendu

22 03 2009

sept-et-lartizan1

C’est mathématique : des textes impeccables + un flow ultra technique + des productions soignées + une pochette classieuse = un excellent disque.

Jusqu’à Goscinny, le métier ingrat de scénariste n’était pas reconnu. Le dessinateur gardait pour lui toute la gloire et affichait son nom en grosse lettres sur la couverture de ses bandes dessinées. De son côté, le scénariste, prolétaire du 9ème art, devait se contenter d’une mention discrète. Les producteurs, à l’exception de rares têtes d’affiche, subissent aujourd’hui un sort comparable. Leur nom n’apparaît le plus souvent qu’en petits caractères dans des livrets que plus personne ne lit depuis que Napster a changé la face de l’industrie musicale.

Lartizan est un peu le Goscinny du rap. Producteur multicasquette (il dirige également le label Lzo), il a décidé d’inscrire son nom à égalité avec celui de Sept sur la pochette du Jeu du pendu. C’est que les deux lurons forment un binôme efficace et insécable. La musique conçue par l’un sert idéalement les textes de l’autre. Et inversement. Le tout débouchant sur l’un des rares très bons disques de rap français de l’année 2008. Pour les besoins de son premier album Amnésie, sorti en 2003, Sept avait convoqué une large palette de producteurs. Le tandem Sept-Lartizan permet cette fois de conserver une grande cohérence musicale par-delà l’éclectisme des instrus retenues.

Le MC préférant exercer son art en dilettante, il aura fallu attendre 5 ans pour retrouver la volubilité et la voix sépulcrale de Sept. « Pour le premier album, j’ai tout lâché, comme une éjaculation. Alors que pour ce coup là, c’était par petits jets », confie-t-il (1). On retrouve le même plaisir communicatif à jongler avec les mots en multipliant les allitérations et les assonances. Ca pourrait donner un exercice de style prétentieux et patapouf. Mais non, ça tient la route. Car Sept injecte suffisamment de sens dans ses textes pour soutenir la charpente. L’oxymore qui tient lieu de titre, Le Jeu du pendu, rend d’ailleurs compte du hiatus entre le badinage apparent et la gravité sous-jacente.

Si la magie opère, c’est aussi en partie grâce à la passion qui se dégage du disque et suinte à chaque rime. La maison Lzo a en effet réussi à réunir une belle coterie d’artistes passionnés, à commencer par Dreyf dont le street-album/mix-tape/album est disponible depuis hier. En attendant la sortie du Je vous aime de Taïpan. Pour le prochain rendez-vous avec Sept, l’attente devrait être plus longue.

(1) Interview à Bounce2dis.com

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3 responses

22 03 2009
soondoger

Album vraiment complet, de part les prods, les textes, bref le fond et la forme bien reuni dans cette galette !
A ecoute d’urgence pour ceux qui sont passe a coté !

Peace Out

26 03 2009
yacine_

Le rapprochement scénariste/producteur est super judicieux, même si (perso), je ne le restreindrais pas à la BD. Le cas de figure est de même au ciné par ex. Lartizan, le Pete Rock français ? (j’aurais pu dire DJ Polo français mais Polo foutait rien donc c’est pas pertinent!).

18 10 2009
err0r

album absolument excellent pour tout amateur ou connaisseur de hip hop ou plus particulièrement de rap français !

excellent dans la technique, les lyrics, la production, le style, les thèmes..

j’en redemande.. si jamais quelqu’un connait d’autres artistes similaires ou se rapprochant du style de « sept et lartizan » qu’il m’en fasse part svp !

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